Ma démarche créative prend racine dans la musique électroacoustique, concrète et électronique, pour composer des univers oniriques aux textures inattendues — des paysages sonores immersifs où sons familiers et matières inédites se fondent et se transforment.
Du field recording au sound design, de la prise de son d’objets jusqu’au mixage final, je maîtrise l’ensemble du processus : chaque étape est pour moi une exploration, une manière de sculpter la matière sonore pour en révéler le potentiel caché. Certaines de mes œuvres frôlent l’univers de l’ASMR, convoquant une écoute intime et hypnotique.
Mon travail s’épanouit particulièrement dans la création interdisciplinaire. Documentaires, fictions, films d’animation, expositions, spectacles vivants : j’y apporte une capacité d’écoute, d’adaptation et de dialogue créatif au service d’une vision collective.
Projet personnel, 2025
Travaux de recherche autour du thème « Entendre l’image » : illustration sonore de photos, peintures, dessins… par des sons, des ambiances sonores, du sound design, de la composition musicale… pour faire émerger une dimension sonore de l’œuvre visuelle.
Et si l’on rentrait dans l’œuvre telle Alice au Pays des Merveilles, qu’entendrait-on ?
(Pour une meilleure expérience, écouter au casque ou sur de bonnes enceintes.)
Une ambiance immersive et imaginaire au coeur des blés. Réalisé à partir de prises de son de feuilles de verveine séchées et une improvisation à la voix.
Travail sur une ambiance sonore réaliste : à partir de prises de son en field-recording : Les pistes ont été nettoyées et très légèrement transformées afin de les rendre crédibles pour le paysage de la peinture
Création du son de la fontaine entièrement réalisé à partir d’un sample de gouttes d’eau tombant dans un seau.
J’ai souhaité souligner les doutes et les craintes que soulève cette accumulation de déchets par les craquements réalisés à partir d’un enregistrement d’une vieille portante grinçante, et imager l’illusion ou le déni du personnage par une improvisation vocale, un chant de sirènes.
Cette dualité sonore révèle aussi la capacité à rêver et à voir le Beau autour de soi malgré tout…
Une ambiance imaginaire et poétique du processus de transformation de l’eau, explorant les micro-événements sonores de cette transformation.
La composition vise une sensation immersive dans un glacier, créant un environnement sonore enveloppant où l’auditeur se retrouve au cœur de la matière gelée, grâce aux réverbérations travaillées, aux échos lointains et aux textures cristallines construisent cet espace acoustique vaste et gelé.
issu du livre La Vallée des Moulins
Matériaux sonores :
– Senza ancienne et grésillante (matière première granuleuse)
– Senza moderne (clarté cristalline)
– Carillon (ponctuation céleste)
– Sons d’un foyer (matière organique)
– Bâton de pluie
Cette composition sonore transpose les techniques picturales en musique à travers une stratification de plans sonores.
Architecture :
– Les sons du foyer créent une présence immédiate et tactile, évoquant la proximité avec une matière crépitante, pouvant se confondre avec de la matière végétale
– Le vent comme un mouvement perpétuel qui anime la composition
– Les sons d’eau, travaillés et transformés, tissent une trame intermédiaire. Ils suggèrent cette « nature foisonnante »
– La matière sonore de fond, constituée des transformations électroacoustiques des sources, forme le support harmonique et textural de l’ensemble
– La transformation pour la montée du soleil.
Le choix de la lenteur comme dilatation temporelle permet l’émergence progressive des éléments sonores et visuels et la perception fine des micro-variations texturales et picturales.
Aucun bruit d’animal n’apparaît, respectant l’ordre de la Création où les animaux ne sont créés qu’au cinquième jour.
Un motif central sous-tend l’œuvre : un même son se dédouble entre grésillements et limpidité, symbolisant la création des astres et le passage de l’obscurité primordiale à la lumière.
La montée du soleil s’accompagne d’une transformation progressive de la matière sonore de fond vers plus de clarté et d’élévation fréquentielle.
Documentaire, 2019
Réalisation : Emmanuel Fleury
Création sonore : Kalimaé Marquis
Sélectionné au Festival International du Film sur les Métiers d’Art 2020
Format court et huis clos au sein de l’atelier Rouge Cerise du ferronnier d’art Olivier Biscarrat.
Mise en image des gestes, précis, durs, répétitifs, et mise en image du lieu, antre de la création, pour une transcription de la quête personnelle et l’approche très intime qu’a l’artiste avec son œuvre.
Lorsque nous avons commencé à parler du projet avec le réalisateur et que nous avons rencontré le ferronnier d’art, il nous est apparu évident que la musique du film ne serait faite qu’avec les sons capturés au sein de l’atelier.
J’ai donc passé des heures dans l’atelier Rouge Cerise avec mes micros à enregistrer les sons, tous les sons, ceux des gestes de l’artisan, mais aussi ceux qui peuplent l’atelier auxquels on ne prête pas attention ou que l’on n’entend plus par habitude.
D’abord par curiosité et avidité, car ils sont très riches pour qui travaille la matière sonore, puis, de plus en plus subjuguée par les gestes de l’artisan dont le tempo, le rythme et la musicalité révèlent la volonté intérieure qui le porte vers l’œuvre en train d’apparaître.
J’ai travaillé cette matière brute avec mon ordinateur, dans une démarche de musique électroacoustique, modelant les sons, les faisant chanter, bouger, évoluer, au gré des échanges avec le réalisateur et l’artisan.
La texture brute de certains sons se mélange à des sons de l’atelier plus travaillés, plus « musicalisés ». Le tout non dans une démarche d’illustration, mais d’apparition d’un univers sonore intérieur et intime qui croise et recroise les images.
Court- métrage, 2020
Réalisation : Aleksandra Yermak
Création musicale et sound design : Kalimaé Marquis
Une nuit pas comme les autres. Un homme et une femme partagent une promiscuité forcée, chargée d’angoisse. Les heures passent, la nuit n’en finit pas. Nourris de visions de violence, leurs esprits luttent contre des émotions impalpables et diffuses, semblables à un souffle glacé sur la nuque.
Mettre en musique l’attente, l’inquiétude, l’angoisse avec un travail mêlant une musique lente (l’attente) et un important travail autour des bruits ambiants amplifiés, allant jusqu’à la distorsion et les acouphènes, pour soutenir et révéler la tension émotionnelle vécue par les deux personnages.
Projet personnel, 2016 / spec. music & sound design
Entière re-création de la musique et du sound design du film d’animation « Garuda », École de l’image Gobelins, 2008.
L’ascension d’un enfant qui poursuit son rêve
L’univers de ce film m’a beaucoup touchée : la naïveté, le rythme des images, le chatoiement des couleurs et le message universel qu’il véhicule. J’ai désiré recréer entièrement l’univers sonore pour mettre en valeur ces 3 éléments qui n’étaient pas mis en avant dans la musique originale. Ayant voyagé en Inde, il me manquait aussi cette référence dans la musique originale.
Je suis partie de sons de petits objets du quotidien que j’ai enregistrés que j’ai travaillé et mis en rythme pour souligner l’énergie de la quête du petit personnage du film. Puis j’ai travaillé des improvisations à la flûte à bambou, et ajouté des éléments comme une cloche, des voix lointaines pour souligner les étapes de la quête.
Projet personnel, 2019 / spec. music & sound design
Entière re-création de la musique et du sound design du film publicitaire « J12 White » de la maison Chanel.
La démarche ici n’était pas de chercher à entrer dans les codes de la musique publicitaire, bien au contraire.
J’ai été séduite par l’esthétique épurée et chorégraphique avec une tension souterraine du film et ai souhaité travailler sur ces trois dimensions.
La musique et le sound design mettent en avant une dissonance de fond (la tension) et accompagnent les gestes en tourbillons ralentis de la danseuse, jusqu’à la révélation de l’objet sur les dernières images.
Projet personnel 2015/ spec music & sound design
Entière re-création de la musique et du sound design du court métrage d’animation « Lifted » de Pixar
Quand un jeune alien passe le permis… d’enlever des humains !